Comment trouver ces oiseaux
si discrets dans un milieu aussi fermé que la forêt équatoriale
? Armé d'un dessin, fort des légendes dont il est l'objet et qui
précisent que l'oiseau fréquentait les escarpements rocheux et y
bâtissait son nid, je me mis à la recherche des grottes et des rochers
perdus en forêt. Le but premier était de photographier l'animal.
Je visitai donc de nombreux villages et présentai le portrait en
vain pendant une année. Puis, miracle, dans un village déjà visité,
"on" voulut bien me montrer des rochers et, enfin, les
deux premiers nids. Durant les quatre années suivantes, ayant gagné
la confiance des villageois, je pus découvrir 11 sites localisés
dans une bande de territoire rectangulaire de 3 500 m sur 500 m
deux autres sites qui se trouvaient à 15 km à vol d'oiseau de cette
zone me furent indiqués par les docteurs J. L. Amiet et J. C. Decoux.
Il s'agit des sites de nidifications de Kala où j'ai dénombré
récemment (2007) cinq nids sur quatre sites distincts.
L'abondance des sites sur une surface aussi restreinte
(1,75 km²) n'a pas incité l'animal à adopter le mode colonial pour
assurer sa reproduction et les nids se trouvent assez éloignés les
uns des autres. Ce n'est pas le cas pour la population de picathartes
observée au nord-est du Gabon notamment par le docteur André Brosset.
Dans cette région, les oiseaux nichent en colonie. Récemment
près de l'ancienn camp de Boumir dans le parc national du
Dja, une falaise a été découverte portant une
centaine de nids.
En tout cas, qu'il s'agisse des gabonais ou des camerounais,
on ne trouve les picathartes que dans la forêt primaire, aux abords
d'escarpements rocheux ou de massifs montagneux. Dans les collines
de Yaoundé, culminant à 1 295 m, ils ont été découverts à des altitudes
allant de 850 à 1 200 m.
Les tôles des toits des cases d'un village luisent
après l'orage, Les nids de picathartes ne sont pas loin de cette falaise,
mais ces oiseaux ne s'aventurent pas en terrain aussi découvert.
Le sommet d'où a été prise la photographie précédente.
En 1986 des picathartes vivaient et nichaient encore sur le versant
opposé de cet escarpement, revenu sur les lieux en mai 2007,
j'ai constaté que de la forêt dense il ne restait que
de rares arbres le reste ayant été abattu et bien
sûr : plus de picathartes.