On distingue deux espèces de picathartes : le picatharte de Guinée et celui du Cameroun mais tous deux ont ceci de remarquable qu'ils répugnent à voler, sont cavernicoles et complètement chauves. Ce sont des oiseaux fins et élancés, d'une taille légèrement supérieure à celle du pigeon, aux plumes de contour bien lissées.
Le picatharte
de Guinée (Picathartes gymnocephalus), vit dans le bloc forestier guinéen,
en Sierra Leone, Guinée, Liberia, Côte-d'Ivoire, Ghana et Togo. Il se
distingue de son cousin par ses couleurs relativement ternes : la tête
est jaune beige sur le devant, une double calotte noire recouvrant les
côtés de la nuque. Le reste du corps est gris très clair sur le cou et
le ventre; le dessus du dos, des ailes et la queue sont gris foncé et
prennent un reflet verdâtre lorsqu'un rayon de soleil illumine l'oiseau
; les rémiges sont noires. Le nid est plus fin et plus frêle que celui
de l'espèce équatoriale.
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La
zone frontale est colorée d'un bleu clair, puis viennent deux triangles
noirs situés de chaque côté de la tête et entourant les yeux. Enfin, la
partie postérieure du crâne est rouge soutenu. Là encore, le soleil anime
les parties bleues et la partie rouge avec des reflets métallisés. Les
longues pattes sont gris clair et le bec est noir, le bleu de la tête
se prolongeant sur le culmen jusqu'aux narines placées très en avant.
Dans les collections les peaux perdent tout reflet et le bleu et le rouge
deviennent blanchâtres. A l'ombre et de loin, l'oiseau est assez terne
et malgré les couleurs vives de sa tête, il est difficile de l'apercevoir
et de le suivre du regard lorsqu'il se déplace dans la végétation basse
du sous-bois.
Picathartes oreas est un oiseau très discret de la forêt tropicale humide, qui ne se fait remarquer ni par ses déplacements ni par ses cris. Ses nids sont construits en des lieux peu fréquentés par la population locale ce qui fait que bien souvent il est totalement ignoré par celle-ci. Toutefois, connu des chasseurs, son nom dans les dialectes des ethnies de la région du Sud-Cameroun (Bassa, Eton, Ewondo, Boulou) signifie littéralement: poule de roche comme en anglais d'ailleurs (rockfowl). Dans l'une de ces ethnies, on attribue à sa chair des propriétés curatives, imaginaires sans doute, mais qui en font un gibier non négligeable pour les chasseurs. Il intéresse surtout les enfants des villages qui pillent les nids lorsqu'ils les découvrent occupés et vendent les oisillons sur les marchés. Cette pratique explique l'attitude très farouche des couples nichant à proximité des plantations de cette région.